les fluviales de JPh. Lamotte - La batellerie bretonne

retour Saint Michel / Libellule - Saint Michel II


Pierre Gallon Arrière Grand-Père de Philippe Boisdron :
        - Possédait un petit gabarot

Victor Gallon Grand-Père de Philippe Boisdron :
        - Achète le gabarot en bois Henri Marie
        - 1925 il achète le René Mathilde, un autre bateau en bois de 17,80
        - 1928, achète le Rudet de 25 m en acier
        - 1929 Il rebaptise le Rudet en St Michel en 1929
        - Décède en 1941 et le fils Michel reprend le bateau

Michel Gallon, fils de Victor Gallon, Oncle de Philippe Boisdron :
        - 1958 Michel Gallon vend le St Michel (Rudet) en 1958
        - 1958 Revend le St Michel et achète Libellule qu'il rebaptise St Michel II
        - Années 80, St Michel II revendu et transformé en bateau habitation

Edouard Boisdron, père de Philippe :
        - 1963 achète le Blainville
        - 1968 fin de la batellerie bretonne le bateau est vendu


Michel Gallon



   Saint Michel   (dit "de Rudet") Voir la page 2

       

Le St Michel II
01 - L'inscription du (petit) Saint Michel le 2 juin 1900

       


Les souvenirs de Philippe Boisdron

(Complétés des documents des recherches
de Jacques Guillet et Claude Rabet)

          Je suis le petit fils de Victor Gallon et de Marie-Louise Vié, fille d'un restaurateur de Sucé.. Dans sa famille, on était, restaurateur depuis six ou sept générations sur les bords de l'Erdre, de la Loire, à Ancenis, La Chapelle-sur-Erdre, Carquefou, etc…. Mon grand-père Victor était lui un fils de marinier de la Loire dont les membres étaient originaires de la chapelle Basse mer, la Boire d'Anjou, etc…

La famille Gallon

          Mon arrière Grand-Père Pierre Gallon possédait un petit gabarot. Il en vivait chichement et était mort dans la misère à l'hospice. Pour cette raison, mon grand-père se destinait à changer de métier mais en épousant ma grand-mère, il s'est remis dans la batellerie et achetant avec le soutien financier de son beau-père le gabarot en bois Henri Marie pour 750 frs de l'époque à M. Aledur.


          Le 1 octobre 1925 il achète le René Mathilde, un autre bateau en bois de 17,80 sur 3,80 m de large et construit en 1905 chez Gaudron à Nantes qui transportait 47,861 tonnes à M. Joseph Jouvence de Glénac. Avec ce bateau, il fera de la messagerie régulière sur l'Erdre entre Nantes, Sucé et Nort.

          A cette époque, il y avait beaucoup de petit bateau en bois et la vie à bord n'était pas facile. Souvent ils faisaient de l'eau et le logement était de petite taille. Je me souviens que ma grand-mère se plaignait que les bateaux en bois, c'était une vie de misère. Quand les premiers bateaux en fer sont arrivés avec leur coque étanche, ce fut un réel progrès.

          A cette époque, beaucoup faisaient de la messagerie. Ce terme signifie que le bateau faisait de livraison en porte à porte en livrant quelques morceaux de ferraille au forgeron local, trois tonneaux et quatre caisses de bière au bistrot du coin , une caisse de savon à l'épicerie ou des cierges au curé du village, etc…


          Les déplacements du bateau se faisaient à voile ou à la bourde. C'est une sorte de grande perche avec laquelle on poussait le bateau en prenant appuie sur le fond. Il y avait aussi le remorqueur, mais ce n'était pas gratuit. Le deuxième progrès fut donc le moteur. Motoriser le bateau existant n'était pas chose facile et mon grand-père à préféré acheter un petit bateau à moteur pour pousser son bateau. Il fut d'ailleurs le premier à faire cela. Le René Mathilde sera revendu en Juin 1928 aux papeteries de Bretagne. L'heure du bateau de fer avait sonné.

St Michel (dit Rudet)

          Le 18 avril 1928, mon grand-père maternel Victor achetait pour 35.000 Frs, le Rudet (NA 840). Il a été construit à Nantes et inscrit à Hennebont le 2 juin 1900. Il avait été commandé par Charles Roudaut de la fabrique d'engrais et d'amendement de Rudet. C'était un chaland en fer de 25 x 4,20 m pour 1,15 m de mouillage, jaugeant 44,22 m3 pour 70 tonnes. A cette époque, il marchait à la voile mais il fut ensuite motorisé en 1928 avec un Baudouin DB2 de 28 cv   ../..


       

Le petit St Michel du Blavet Le petit St Michel du Blavet
02 - Certificat de capacité pour conduite les bateaux automobile du 27 juin 1927 décerné à Victor Gallon, grand-père de Philippe Boisdron

       


          Mon grand-père aura trois enfants : Mon oncle Michel sera le premier et c'est à sa naissance en 1927 que mon grand-père rebaptisera le Rudet en St Michel. Puis viendront ma tante Jacqueline en 1929 et ma mère Claudine en 1931. Mon grand-père aura ce bateau pendant 13 ans, jusqu'à sa mort pendant la guerre en 1941.

          Mon oncle Michel galon, son fils, avait alors 16 ans. Il a eut une dispense pour reprendre l'affaire familiale et le bateau avec ma grand-mère Marie. C'était un robuste gaillard qui dès l'âge de 13-14 ans était capable de porter un sac de 80 kg . "A 16 ans je roulais les demi-muids sur la pente du quai" se souvient Michel Gallon. Et à 18 ans il emportait un sac de 50 kg de ciment sous chaque bras et un troisième sur les épaules.

          Le chaland faisait de la messagerie et n’était jamais vide. Michel et sa mère transportaient également du Muscadet et du Gros Plan chargé à port Domino et qu'ils emmenaient sur Nantes par demi- muid (600 litres) et redescendait du sable pour les moules des fonderies de J.J. Carnaud ou pour la briqueterie, de Couëron.


          Le chaland faisait de la messagerie et n’était jamais vide. Michel et sa mère transportaient également du Muscadet et du Gros Plan chargé à port Domino et qu'ils emmenaient sur Nantes par demi- muid (600 litres) et redescendait du sable pour les moules des fonderies de J.J. Carnaud ou pour la briqueterie, de Couëron.

          Le chaland faisait de la messagerie et n’était jamais vide. Michel et sa mère transportaient également du Muscadet et du Gros Plan chargé à port Domino et qu'ils emmenaient sur Nantes par demi-muid (600 litres) et redescendait du sable pour les moules des fonderies de J.J. Carnaud ou pour la briqueterie, de Couëron.

          Hélas, le vie change car sa mère décède et sa femme qui naviguait avec lui met son sac à terre en 1958. le petit Saint Michel (dit St Michel Rudet) fut revendu à Victor Bellion un marinier de Loire de Thouaret en 1958. Le bateau est aujourd'hui (2010) semi coulé dans la Boire d'Anjou.


Libellule - St Michel II - Libellule

          Il achètera ensuite à Charles Papin le Libellule qui sera rebaptisé Saint Michel II. C'était un des cinq bateaux hollandais (avec le Pourquoi pas, l'Alcyon, la Paix, Fleur de Mai, La Lorraine) qui avait été construit à Alphen en Hollande et payé par l'Allemagne au titres de dommage de la première guerre de 1914-1918. C'est un chaland plus gros, à la limite de la taille des écluses. Il peut transporter 135 tonnes et cale 1,80 m. Il remontait alors des arachides jusqu’ à Château-Gontier et descendait du gros sable en retour pour l’usine des eaux de la Roche à Nantes.

          Les années passent et la concurrence des transports terrestres devient impitoyable. D’énormes capitaux vont au rail et à la route alors que les voies navigables sombrent dans l’oubli.

Conçu en 1830 pour des cargaisons 130 tonnes, le canal de Nantes à Brest s'envasait et se maintenait péniblement à 80 tonnes. L ‘approfondissement du port de Nantes et ses accès créent un seuil, à l’écluse Saint- Félix qui ne permet d'entrer qu’à marée haute   ../..



       

Le petit St Michel
03 -

       


          Le glas de la batellerie était en train de sonner mais pendant encore une dizaine d’années Michel Gallon va s'obstiner contre vents et marées car le bateau n'est pas encore amorti. Il finira par jeter l'éponge et l’année 1974 sera la fin de ses navigations fluviales de commerce. Michel Gallon à alors 61 ans son "Saint-Michel" sera vendu à M. Briec ---- pour être transformé en habitation sur le Blavet. Le nouveau propriétaire le rebaptise de son ancien nom "Libellule". Il vit aujourd'hui à bord vers St Nicolas-des-Eaux sur le Blavet.


La famille Boidron

          Mon père Edouard est d'un milieu d'artisan de peinture en bâtiment mais il aimait beaucoup les bateaux. Il s'est marié avec ma mère qui était d'une famille de mariniers. Son oncle et son beau-frère faisant ce métier, il s'est dit pourquoi pas. C'est à la mort de son père dans les années soixante qu'il va se lancer dans la batellerie. Pour cela, il a racheté le Blainville à M. Rincé en 1963, soit un an après ma naissance.


C'était le même bateau que le Mulhouse de M. Josso et motorisé avec un Kromouth. Il fera quelques transports exceptionnels puis il montera une affaire de transport de cacahuètes de Château Gontier avec trois ou quatre bateaux. Il fera également du transport de sable sur la Loire, sur l'Erdre et sur le Canal de Nantes à Brest. Hélas, c'était la fin de l'âge d'or de la batellerie bretonne. Le canal n'était plus entretenu, et il y avait de moins en moins de fret. Il revendra le bateau en 1968 (ou 69)





       

Libellule - Saint Michel II - Libellule


Le petit St Michel
04 -

       

Le petit St Michel
05 - La Libellule sort de l'écluse la Digue 17 bis à St Nicolas de Redon et entre sur la Vilaine

       

Le petit St Michel
05 - La Libellule vient de sortir de l'écluse la Digue 17 bis, fin de la section sud-est du Canal de Nantes à Brest à St Nicolas de Redon en Loire Inférieure (Atlantique 44).
Elle traverse la Vilaine et entre sur le Canal de Nantes à Brest, section nord-ouest à Redon dans le Morbihan (35)

       

Le petit St Michel du Blavet Le petit St Michel du Blavet
06a - 06b -

       

Le petit St Michel
07 -

       

Le petit St Michel
08 -

       

Le petit St Michel
09 - Le Saint Michel en déchargement dans le port de Nort-sur-Erdre

       

Le petit St Michel
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Le petit St Michel
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Le petit St Michel
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